Avant la première séance laser : phototype, contre-indications, traçabilité
Le bilan préalable décide des paramètres de votre appareil, vous évite une brûlure, et c'est lui qu'on vous demandera si quelque chose tourne mal. Voici ce qu'il doit établir et ce qu'il faut en garder.
Une cliente vous appelle : elle veut commencer l'épilation laser. Elle a vu le prix, elle a choisi ses zones, elle veut un rendez-vous jeudi.
Entre cet appel et le premier tir, il y a un moment que le décret du 24 mai 2024 rend obligatoire, et que beaucoup d'instituts expédient en trois questions posées de mémoire : le bilan préalable.
Ce bilan n'est pas une formalité administrative. C'est lui qui décide des paramètres de votre appareil, c'est lui qui vous évite une brûlure, et c'est lui qu'on vous demandera si un jour quelque chose tourne mal.
Ce que le bilan doit établir
Avant la première séance, l'état de la peau et le phototype sont examinés, et l'absence de contre-indication vérifiée. Si une contre-indication apparaît, les séances ne sont pas programmées.
La formulation est sèche, mais elle dit trois choses distinctes qu'on a tendance à mélanger.
L'état de la peau au jour J. Un coup de soleil de la semaine dernière, une plaie, un eczéma en poussée, une zone tatouée : ce sont des faits du moment, pas des antécédents.
Le phototype. Il ne change pas, mais il conditionne tout le réglage.
Les contre-indications. Elles viennent de la personne, de ses traitements et de son histoire.
Les trois se vérifient avant la première séance. Les deux premiers se revérifient avant chaque séance suivante.
Le phototype, et pourquoi on ne le devine pas
L'échelle de Fitzpatrick va du phototype I, peau très claire qui brûle toujours et ne bronze jamais, au phototype VI, peau noire qui ne brûle jamais. Elle ne se lit pas à l'œil au comptoir : elle se détermine en posant des questions sur la réaction au soleil, pas sur la couleur apparente au mois de juillet.
L'enjeu est direct. Le laser cible la mélanine du poil. Plus la peau en contient, plus elle absorbe l'énergie destinée au poil, et plus le risque de brûlure et de trouble pigmentaire augmente. Un phototype mal évalué, ce sont des paramètres inadaptés, sur une peau qui ne pardonne pas.
C'est aussi la raison pour laquelle un bronzage récent change la donne sur une peau habituellement claire. Le phototype est stable, la pigmentation du moment ne l'est pas.
Les contre-indications à passer en revue
La liste exacte dépend de votre appareil, et c'est sa notice qui fait foi, pas un modèle trouvé en ligne. Les familles à couvrir sont toujours les mêmes.
- Les traitements en cours, en particulier les médicaments photosensibilisants, certains antibiotiques, l'isotrétinoïne et ses suites.
- L'état de la peau sur la zone : lésion, infection, dermatose active, cicatrice récente, tatouage, grains de beauté.
- L'exposition solaire, récente ou prévue, cabine de bronzage comprise, ainsi que les autobronzants.
- La grossesse et l'allaitement, selon ce que prévoit votre protocole et votre formation.
- Les antécédents : troubles de la pigmentation, cicatrisation difficile, herpès récidivant sur la zone traitée.
- Les traitements esthétiques récents sur la même zone.
Une question mérite d'être posée à part, parce qu'elle sauve des séances entières : qu'avez-vous fait sur cette zone ces quatre dernières semaines, et que comptez-vous faire dans les deux prochaines ?
La trace, qui vaut autant que l'examen
Un bilan non consigné n'existe pas. Le dossier nominatif doit garder ce qui a été vérifié, à quelle date, et ce qui en a été conclu. Il se conserve trois ans, comme la fiche de consentement signée avant la première séance.
Ce que ce dossier devrait contenir, séance après séance :
- la date et la zone traitée,
- le phototype retenu et, le cas échéant, ce qui a changé depuis la fois précédente,
- les réponses aux questions de contrôle du jour,
- les paramètres appliqués, appareil, fluence, durée d'impulsion, refroidissement,
- la réaction observée en fin de séance,
- ce que la cliente signale au rendez-vous suivant.
Cette liste n'a l'air que d'une formalité. Elle est en réalité votre mémoire technique : c'est elle qui vous permet d'augmenter les paramètres au bon moment, sur la bonne zone, sans repartir de zéro à chaque passage, y compris quand c'est une collègue qui reçoit la cliente.
Les quatre erreurs qu'on voit le plus souvent
Le bilan fait sur le fauteuil. La cliente est déshabillée, l'appareil chauffe, elle répond vite pour ne pas retarder. Ce n'est pas un bilan, c'est une case cochée. Envoyé en amont, rempli tranquillement chez elle, il est plus honnête et il vous fait gagner dix minutes en cabine.
Le questionnaire signé une fois pour toutes. Un questionnaire de janvier ne dit rien d'un traitement commencé en mars. Les questions de contrôle se reposent à chaque séance, même brièvement.
Le phototype noté au jugé. « Elle est brune donc IV » n'est pas une méthode.
Les paramètres nulle part. Ils finissent sur un carnet, dans une tête, ou sur un écran qui ne garde rien. Le jour où la cliente revient après six mois, ou consulte une autre praticienne du centre, tout est à refaire.
Ce qu'un logiciel change, et ce qu'il ne change pas
Il ne remplace ni votre formation, ni votre jugement, ni la notice de votre machine. Aucun outil ne décide à votre place si une séance peut avoir lieu.
Ce qu'il change, c'est la mécanique autour. Le questionnaire part avant le rendez-vous et revient rempli. Les réponses qui doivent alerter ressortent au lieu de se perdre au milieu du formulaire. Les paramètres de la séance précédente sont sous les yeux au moment de régler l'appareil. Et le jour où l'on vous demande le dossier d'une cliente précise, il sort en une recherche, pas en une heure de classeur.
Dans Mattonesthetik, le bilan santé et les consentements s'envoient par un lien unique, la signature est horodatée, et tout se range dans la fiche de la cliente. Les modèles sont un point de départ à adapter à votre pratique et à votre appareil, jamais une garantie de conformité.
Cet article décrit le cadre issu du décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 et de l'arrêté du 19 février 2025 sur la formation obligatoire. Il ne remplace ni votre organisme de formation, ni la notice de votre appareil, ni votre assureur en responsabilité civile professionnelle.