Les rendez-vous non honorés en institut : ce qui marche vraiment

Deux absences par semaine à 70 euros, c'est 7 280 euros par an. Trois mesures divisent ce chiffre par trois, et aucune n'est celle à laquelle on pense en premier. Avec la nuance juridique entre arrhes et acompte.

Par Mattonesthetik14 octobre 20267 min de lecture
Les rendez-vous non honorés en institut : ce qui marche vraiment

Un créneau d'une heure perdu un mardi de novembre, ce n'est pas seulement une heure sans chiffre d'affaires. C'est une heure que vous avez refusée à quelqu'un d'autre, un loyer qui court quand même, et une machine amortie sur du vide.

Faites le calcul une fois, honnêtement. Deux rendez-vous non honorés par semaine, à 70 euros en moyenne, c'est 7 280 euros sur l'année. C'est souvent plus que le coût annuel de tout votre équipement de gestion.

La bonne nouvelle, c'est que ce chiffre se divise par trois ou quatre avec trois mesures simples. La mauvaise, c'est qu'aucune des trois n'est celle à laquelle on pense en premier.

Commencez par distinguer trois situations

On met sous le même mot des comportements qui n'ont rien à voir.

L'oubli. La cliente avait noté sur un post-it, elle a changé de semaine dans sa tête. Elle est désolée, elle reviendra.

L'annulation tardive. Elle prévient, mais deux heures avant. Le créneau est perdu quand même, faute de temps pour le remplir.

Le lapin. Personne, aucun message, aucune réponse.

Ces trois situations n'appellent pas la même réponse. Traiter une cliente qui a oublié comme quelqu'un qui vous a posé un lapin est le meilleur moyen de perdre les deux.

Le rappel, qui règle la moitié du problème

L'oubli disparaît presque entièrement avec un rappel bien calibré. Deux règles.

Le bon moment, c'est la veille. Un rappel envoyé une semaine avant est oublié comme le rendez-vous lui-même. La veille, il reste le temps de s'organiser, et surtout le temps de vous prévenir.

Un rappel doit permettre de répondre. Un message qui dit « à demain 14h » sans possibilité d'annuler transforme une cliente empêchée en cliente absente. Donnez-lui un moyen simple d'annuler : elle libère le créneau, et vous pouvez le remplir.

Un institut qui n'envoie aucun rappel et qui en met un en place voit généralement ses absences fondre, sans rien changer d'autre.

L'acompte, et la nuance juridique que presque personne ne connaît

C'est la mesure la plus efficace, et la plus mal comprise.

En droit de la consommation, les sommes versées d'avance sont présumées être des arrhes, sauf stipulation contraire de votre contrat. C'est l'article L214-1 du code de la consommation, qui renvoie à l'article 1590 du code civil.

Cela a une conséquence précise : avec des arrhes, chacun peut se dédire. La cliente qui renonce perd ce qu'elle a versé. Mais le professionnel qui annule doit restituer le double.

Un acompte, lui, engage fermement les deux parties. Pour que la somme versée soit un acompte, il faut l'avoir écrit noir sur blanc dans vos conditions.

Trois conseils pratiques qui en découlent.

Écrivez ce que c'est. Vos conditions de réservation doivent dire si la somme demandée est un acompte ou des arrhes, et ce qui se passe en cas d'annulation, par la cliente comme par vous.

Restez proportionnée. Un montant modeste, de l'ordre de vingt à trente pour cent, suffit à créer l'engagement. Demander la totalité fait fuir sans rien protéger de plus.

Réservez-le aux bons cas. Première visite, longue prestation, forfait laser, créneau du samedi. Imposer un acompte à une fidèle de dix ans pour une épilation de quinze minutes vous coûtera plus qu'elle ne vous fait perdre.

Remplir le trou plutôt que punir

Le troisième levier est le plus négligé. Une annulation vous laisse un créneau libre : la question utile n'est pas de savoir à qui c'est la faute, mais qui pourrait le prendre.

Une liste d'attente qui fonctionne toute seule change complètement l'économie du problème. Quelqu'un annule à 9h pour l'après-midi, les personnes en attente sur ce type de créneau sont prévenues immédiatement, la première qui répond prend la place. Le créneau n'est plus perdu, et vous avez rendu service à deux personnes.

C'est aussi la seule mesure qui ne crée aucune tension avec votre clientèle. Elle ne punit personne, elle répare.

Ce qu'il ne faut pas faire

Une politique écrite nulle part. Si vos conditions ne sont pas visibles au moment de la réservation, elles ne s'appliquent pas, et elles sont surtout invivables à défendre au comptoir.

Une règle appliquée au cas par cas. Facturer une absence à l'une et pas à l'autre se sait très vite, dans un quartier comme dans un groupe Facebook.

Le message culpabilisant. « Vous nous avez fait perdre une heure » ne fait pas revenir. Un message neutre qui propose une nouvelle date en ramène une bonne partie.

Le blocage définitif après un seul incident. Gardez-le pour les récidives, et sachez de qui il s'agit : pour cela, il faut que vos absences soient enregistrées quelque part, pas dans votre mémoire.

En résumé

MesureCe qu'elle règleEffort
Rappel la veille, avec possibilité d'annulerLes oublis, de loin les plus nombreuxUne fois pour toutes
Acompte ou arrhes, écrits dans vos conditionsLes lapins, les premières visites, les longues prestationsUne page de conditions
Liste d'attente automatiqueLe créneau libéré au dernier momentUne fois pour toutes
Trace des absences par clienteLes récidives, et seulement ellesAutomatique si c'est enregistré

Dans Mattonesthetik, les rappels partent seuls, l'acompte se demande à la réservation en ligne, la liste d'attente prévient automatiquement quand un créneau se libère, et les absences restent attachées à la fiche de la cliente.


Cet article cite l'article L214-1 du code de la consommation et l'article 1590 du code civil. Vos conditions de réservation étant un document contractuel, faites-les relire une fois plutôt que de recopier celles d'une consœur.

← Revenir à tous les articles

Essayez Mattonesthetik gratuitement

14 jours d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Créer mon compte